samedi 4 juin 2011

SEVRAN : sortie de secours de Stéphane Gatignon, « les casques bleus »



La sortie de secours empruntée par écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, est la mobilisation des unités de l’armée française pour tenir le rôle de force d’interposition entre les gangs de trafiquants de drogue.
Faut-il le rappeler la ville de Sevran seule bénéficiaire d’un ANRU 2 (programme de rénovation urbaine), l’Etat a en effet remis la main à la poche. En 2005, il s’engageait à hauteur de 120 M€ (dont 70 ont déjà été engagés). Cette fois, la Ville de Sevran bénéficie de 218 millions d’euros de subventions de l’Etat, pour une enveloppe totale de 432 millions d'investissement. La somme devrait permettre de parachever la rénovation de ces quartiers. Elle comprend même la prise en charge d’une partie de la réhabilitation du centre municipal de santé, situé en centre-ville.
En mai 2010, le maire, Stéphane Gatignon, appréciait le chemin parcouru. Alors que bien des élus s’inquiétaient il y a quelques années d’un tarissement des subventions, Sevran a tiré son épingle du jeu. « Nous avons signé la première convention en 2005. Nous sommes la seule ville de France à avoir droit à un Anru 1 et un Anru 2. ».
Aujourd’hui, le maire de Sevran, Stéphane Gatignon demande assistance à l’Etat pour le sortir de l’impasse de sa politique décalée par rapport à la réalité du terrain. En effet, le remède aux maux de la délinquance pour Stéphane Gatignon est la légalisation du cannabis.

L’Etat en l’espèce l’Anru conditionne l’octroi de ses subventions à des objectifs de résultat en matière d’emploi des habitants des quartiers et de développement économique.


Alors, Mr Gatignon vous avez réussi à décrocher 218 millions d’euros de subventions, il faut maintenant respecter vos engagements conclus avec l’Anru (convention mai 2010 ) à savoir :


ARTICLE 10 - LES MESURES DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL
ARTICLE 11 - LES MESURES DINSERTION PAR LECONOMIQUE ET LEMPLOI DES HABITANTS

Dans le cas où ces deux articles vous dépassent, Mr le Maire de Sevran, une explication est à votre disposition comme suit :


L'ANRU : Retour aux fondamentaux


Les prochaines Journées nationales d’Échanges des acteurs de la Rénovation Urbaine auront lieu les mardi 14 et mercredi 15 juin au palais des Congrès de Paris. Cette quatrième édition des JERU a pour vocation d’être un lieu de débat et de prospective à partir du bilan du Programme National de Rénovation Urbaine 8 ans après la promulgation de la loi « d’orientation et de programmation pour la Ville et la Rénovation Urbaine » et 7 ans après la création de l’ANRU.
Ces journées nationales permettront de mobiliser l’ensemble des acteurs de la rénovation urbaine : les élus et leurs équipes projet, les bailleurs sociaux, les professionnels, les partenaires financiers et d'actions, les associations d’habitants et les services de l’État.
Les échanges seront au cœur de ces journées par le moyen de débats en plénières, de présentations d’expériences durant les séquences professionnelles et de rencontres proposées au sein de l’espace forum.
A noter la thématique très pertinente du programme du 15 juin porte sur :
- Miser sur les talents ;
- Investir dans les quartiers ;
- En clôture : vers l’acte 2 du Programme National de Rénovation Urbaine.

Rappel :
Le PNRU constitue en effet un levier financier public considérable, avec plus de 40 milliards d’euros de travaux engagés à l’horizon 2013. L’importance de la commande publique générée par la rénovation urbaine devrait donc bénéficier substantiellement aux habitants ainsi qu’aux entreprises situées dans les ZUS.
Peut-on conclure que l’Anru revient à ses fondamentaux affichés dés la présentation du Programme National de Rénovation Urbaine «  REDONNER TOUTES LEURS CHANCES AUX QUARTIERS FRAGILES «  pour se faire, l’Anru a mis en place des instruments juridiques opposables aux porteurs de projets et aux maîtres d’ouvrage :

Mobilisation sur l’insertion par l’emploi
L’ANRU s’est dotée d’une charte nationale d’insertion, qui conditionne l’octroi de ses subventions à des objectifs de résultat en matière d’emploi des habitants des quartiers. La charte nationale d’insertion applicable aux porteurs de projets et aux maitres d’ouvrage afin que les investissements menés sur les territoires de la rénovation urbaine doivent améliorer les conditions de vie et d’emploi des habitants et par conséquent l’ambition du programme national de rénovation urbaine doit se traduire par un effet de levier majeur pour l’insertion professionnelle des habitants des zones urbaines sensibles.
Engagement des acteurs du développement économique
- Accord de partenariat avec la Confédération de l’Artisanat et des petites entreprises du Bâtiment (CAPEB) afin d’inciter les nombreuses petites entreprises du bâtiment à accéder aux marchés générés par la rénovation et accroître la mobilisation en faveur de l’insertion des habitants des Zones Urbaines Sensibles.
La mise en place des dispositifs emploi, développement économique est délégué aux élus locaux, ainsi pour l’application de la charte d’insertion, un état mensuel est adressé à l’Anru. Le développement économique local dans le cadre du PRU ne fait pas encore l’objet d’une véritable réflexion de l’Anru.
Sur le terrain de la rénovation urbaine, les collectivités locales s’organisent pour l’application de la charte d’insertion en mettant en place des chantiers d’insertion qui consiste à mobiliser les jeunes autour d’un chantier en général la peinture des cages d’escalier sans objectif d’une qualification à la clé pour ces jeunes.

Concernant les entreprises locales du bâtiment aucune aide n’est proposée par les collectivités locales pour leur faciliter l’accès aux marchés de la rénovation urbaine.

Une réflexion doit être posée lors de ces journées nationales d’Échanges des acteurs de la Rénovation Urbaine concernant l’implication active des acteurs locaux en dehors des porteurs de projets et les maîtres d’ouvrage à la réussite des objectifs fixés dés le départ par l’Anru.
En effet, la majorité des habitants de la rénovation urbaine ignorent les dispositifs mis en place par l’Anru, pour eux la rénovation urbaine consiste à la démolition, la construction et la rénovation sans aucune conséquence économique et sociale de leur quartier.
Il est important pour l’avenir du Programme National de Rénovation Urbaine que l’Anru travaille directement avec les acteurs locaux issus de la société civile locale pour une véritable réflexion sur l’impact direct des investissements au niveau économique et social.

Comme exemple de l’association Promouvoir le Programme de Rénovation Urbaine qui se bat depuis 2008 sur le terrain de Montfermeil. Son objectif viseà favoriser l’interaction entre l’offre et la demande d’emploi dans les marchés de la rénovation urbaine. Elle propose aux jeunes de 18 à 25 ans en grande difficulté et au niveau de qualification insuffisante, un programme d’insertion à la vie professionnelle comprenant un parcours de formation aboutissant à un contrat de préprofessionnalisation dans les métiers du bâtiment et la protection de l’environnement avec les artisans.
D’autres associations sont prêtes à s’impliquer sur le terrain de la rénovation urbaine mais ne trouvent pas d’écho auprès des collectivités locales dont le Programme de rénovation urbaine est la chasse gardée des porteurs de projets et les maitres d’ouvrages.

A l’heure où la mobilisation politique est en marche, à la recherche de l’antidote jeune, n’y a-t-il pas là l’opportunité à saisir « Vers l’acte 2 Socio-économique du Programme National de Rénovation Urbaine ».